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| La femme au chapeau-1901 |
Le mot
chapel médiéval viendrait du mot normand Cap, venant
lui-même de
caput signifiant tête en latin. Le chapelet
était aussi une couronne de fleurs portée autour de la tête au
Moyen Âge, le dictionnaire de l'académie française de 1694
évoquant encore «
Une couronne de fleurs qu'on met sur la
teste dans quelque resjoüissance, dans quelque feste solemnelle.
Les mots
capa et
capella ont la même racine. Selon le
Dictionnaire encyclopédique de l'Histoire de France de Philippe Le
Bas, le mot chapel «
dans l'origine, fut un diminutif, non
pas du chaperon (comme d'autres l'ont dit...) mais du capuchon qui
accompagnait la chape, et servait à couvrir la tête».
La profession pour
fabriquer les chapeaux est ancienne, et en France, celle-ci est
réglementée depuis près de 1000 ans. Les modistes créent des
modèles uniques de chapeaux, prêt-à-porter, ou sur mesure. Les
chapeliers fabriquent les chapeaux en petites séries, et revendent
également les modèles plus industriels. Enfin, le formier est
l'artisan sur bois qui sculpte des blocs de tilleul de différentes
formes, selon la demande des modistes ou des chapeliers, pour la mise
en forme des chapeaux de feutre ou de paille ou de tissu.
L'histoire du Chapeau
Comme le vêtement, le chapeau semble avoir eu un
double rôle, de protection contre le froid, le soleil, la pluie
voire certains combats..., mais aussi d'affirmation d'un statut
social avec le chapeau d'apparat, d'une appartenance ethnique ou
clanique... pour finalement devenir un accessoire de mode à part
entière. On n'a pas de traces de chapeau datant de la préhistoire,
mais il est possible qu'ils aient existé.
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| Hermès l'Ingénu portant la pétase |
Des chapeaux sont en tous cas portés dès
l'Antiquité, dont par exemple le pétase qui est un chapeau rond
d'origine grecque au bord large et plat et s'attachant par un cordon.
Et si au XVIIIe siècle, ils sont
remplacés par de volumineuses perruques, les hommes continuent de
les porter au bras comme avec le bicorne par exemple.
Selon le Dictionnaire encyclopédique de
l'Histoire de France de Philippe. Le Bas, il était d'abord une
simple calotte de velours, de drap ou de feutre unie ou ornée de
fourrures, de broderies, de dorures ou de pierreries, selon la
fortune de son propriétaire, parfois attachée sous le menton par
deux cordons. Cet auteur cite diverses formes de toques, coiffes et
bonnet, plus ou moins réservés à certains âges de la vie, de même
que des couronnes de fleurs, plus décoratives et symboliques que
physiquement protectrices.
Au Moyen Âge et à la Renaissance, les chapeaux en
peau de Castor ont été si appréciés qu’ils ont contribué à la
forte régression de cette espèce en Europe, mais aussi au Québec
et Canada où s'est portée la demande européenne. Sous Charles VI,
les chapeaux fréquents à la campagne se portèrent à la ville sous
son successeur, « mais seulement les jours de pluie ».
Charles VII d'après ses chroniqueurs portait un chapeau de Castor en
1449 lors de son entrée dans Rouen, mais quelques témoignages
antérieurs montrent avant lui que cet animal était déjà
recherché, notamment par les princes et les rois pour les chapeaux.
Sous Louis XI, ils devinrent plus communs. Ce roi
ornait le sien d’« images en plomb des saints auxquels il
avait le plus de dévotion »;
Louis XII reprit le « mortier » des
siècles antérieurs, et les bourgeois le « bonnet à deux
cornes » de leurs aïeux. François Ier adopta
le chapeau, imité par ses courtisans.
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| le bicorne |
Henri II et ses fils se coiffèrent plus
habituellement, ainsi que leurs courtisans, d'une toque ornée de
diamants et surmontée d'une aigrette ; de sorte que le chapeau,
quoique bien connu, n'était pas encore d'un usage général à
l'avènement de Henri IV. Ce prince et les nobles le préférèrent à
la toque ; ils l'ornèrent de plumes, de rubans et de franges;
enfin ils relevèrent et fixèrent à la forme une partie des ailes
qu'on lui avait données dès le temps de François Ier,
pour garantir de la pluie et du soleil. On s'aperçut ensuite que ses
bords étendus gênaient le maniement des armes ; « alors
on imagina pour les troupes le chapeau à trois cornes, qui est la
coiffure militaire, et la coiffure d'étiquette dans les hauts rangs
de la société. Sous le ministère du comte de Saint-Germain, on
s'avisa de coiffer les brigadiers de cavalerie de chapeaux à quatre
cornes; mais cet usage ne dura pas. Depuis un peu plus de trente ans,
les troupes ont quitté le chapeau pour le bonnet à poil, le shako
ou le casque, quand elles sont sous les armes. Dans le monde, la
coiffure générale des citoyens est aujourd'hui le chapeau rond de
couleur noire; celle des fonctionnaires, dans les cérémonies
publiques, est le chapeau noir à cornes, orné de plumes. Celle des
militaires en petite tenue est le même chapeau, avec ou sans plumes,
suivant le grade. Les ecclésiastiques portent aussi le chapeau à
trois cornes, mais lui donnent une forme particulière ».
En 1694, le premier dictionnaire de l'académie
française définit le chapeau comme « Coiffure, habillement
de teste pour homme, qui a une forme & des bords faits de
laine ou de poil que l'on foule ».
En 1845, l'encyclopédiste
Philippe Le Bas ajoute que la généralisation du chapeau « nécessita
l'établissement de grandes fabriques, notamment à Lyon et à Paris,
et l'on fit bientôt une telle consommation de castors, que ceux que
l'on trouvait en France, et spécialement dans les îles du Rhône,
étant détruits, il fallut poursuivre ces animaux industrieux et
inoffensifs jusque dans les lacs glacés du Canada » (…)
« On imagina de suppléer à leur fourrure par celle
d’animaux indigènes (lièvre, lapin et même le chien caniche). On
a aussi fait en « peluche de soie » des chapeaux légers
moins chers qu’en feutre, et pour l'été des chapeaux gris en
feutre, des chapeaux en paille, en osier, en lacets et en étoffes de
soie ou de coton dont les formes varient au gré de la mode. On
fabrique, pour les voituriers et les marins, des chapeaux de bourre
ou de laine commune, que l'on revêt de plusieurs couches de vernis
qui leur donnent de l'éclat, de la durée, et les rendent
impénétrables à la pluie ».
Couvre-chef et apparat en Europe
On se souvient des chapeaux extravagants des
élégantes du siècle dit des lumières à ceux du XIXe siècle,
mais les rois et princes d’Asie et d’Europe ont très tôt acheté
des chapeaux aussi complexes et plus coûteux aux chapeliers. Le
métier de chapelier était en France codifié sous Louis IX, comme
le montre un chapitre du Registre des métiers.

Les principales techniques de
fabrication des chapeaux furent mises au point au XIV
e siècle
et n'ont guère évolué depuis. La prise de mesure fut révolutionnée
en 1843, jusque-là les chapeaux étaient fabriqués sur des formes
standard qui s'adaptaient mal à la diversité des formes de crânes.
Deux chapeliers français, M. Allié et M. Maillard firent breveter
un outil : le
conformateur qui permettait de relever la
conformation précise de la tête. La conformation des chapeaux était
une étape de la vente obligatoire du fait de leur rigidité
(haut-de-forme, chapeau melon, canotier). Elle était assurée par le
chapelier de ville. Cet outil, principalement dédié aux chapeaux
sur mesure, est encore utilisé pour la fabrication de certains
chapeaux de théâtre. Les formes standard sont toujours utilisées
pour les chapeaux de grande distribution suivant trois
conformations : l'ovale normal, l'ovale allongé et l'ovale
rond.
Bien plus qu'un moyen de se protéger des
intempéries, le chapeau est un accessoire de mode permettant
d'exprimer sa stature sociale. La tradition veut que le fait d'ôter
son chapeau (se découvrir) soit une marque de respect et
d'humilité et la coutume s'est répandue jusqu'à devenir un signe
de salut.
En 1889, le comte de Larmandie écrivit même un
guide du coup de chapeau. Selon lui le chapeau s'ôte d'un
geste large, gracieux et brusque, le chapeau doit rester un instant
en l'air avant d'être remis rapidement sur la tête.
Chapeau et arts du spectacle
Dans les années 1750, le chapeau est d'une telle
importance dans la société qu'il fait l'objet d'un spectacle de
music-hall par le mime français Tabarin. Ce spectacle disparut avec son auteur mais fut
réactualisé vers 1870 par Monsieur Fusier au point que ce genre de
spectacle prit le nom de chapeaugraphie et devint très en
vogue dans les années 1900.
Les jongleurs et les magiciens utilisent aussi le
chapeau comme accessoire. Le premier homme à avoir fait sortir un
lapin d'un chapeau est Louis Comte, un comique de cour français, en
1814. Ce numéro resta à la mode pendant tout le XIXe siècle.
Le chapeau melon en feutre est fréquemment utilisé comme instrument
de manipulation en jonglerie. Le cône traditionnel de feutre blanc
est, chez le clown, un symbole de pouvoir, planté fièrement sur le
crâne, légèrement de côté, certains y ajoutent même des plumes
comme les clowns espagnols. Parfois aussi ce cône fait penser au
chapeau d'Arlequin, avec des larges bords. Le chapeau de l'Auguste
est souvent mou, de forme plate, écrasé malencontreusement ou
déformé par un coup de batte bien placé. Il est de toutes façons
malmené.